Du 30 juin au 1 juillet 17,

Après avoir demandé notre zarpe à M. Arroyo, notre agent de liaison, nous quittons Carthagène à 11 h 00, avec un voilier chargé de berniques qui se sont accumulés depuis 1 mois sur la coque, la quille et l'hélice. Cette dernière est tellement chargée de coquillages qu'Odysséa peine à avancer. La baie de Carthagène a une eau chaude (30 degrés) marron , chargée d'alluvions qui favorisent la prolifération de berniques et de moules.

Nous nous arrêtons à l’île Baru, pour caréner. Gros travail !

A 18 h 30, à la nuit tombée nous mouillons au Sud Est de l'île Baru par 5 m de fond. La nuit est douce malgré la sono du village que le vent porte à nos oreilles.

Le lendemain, je m’arme de courage pour gratter la coque. Je m'équipe du scaphandre car le travail est énorme. Je commence par le safran puis l'hélice, ils sont chargés à mort.

J'ai mis 2 h 00 à tout gratter,  j'ai vidé mon bloc de plongée. Je sors de l'eau fatigué. Après la sieste, ce qui est rare chez moi, je retourne à l'eau avec Nicole.

Chacun de son côté, nous décollons les opercules blancs des berniques qui restent collés à la coque.

 

Du 2 juillet au 3 juillet 17,

Nous quittons, à 8 h 30, l’île Baru sur la côte Colombie, avec un petit vent de Sud Est, ce qui nous donne un vent de travers, pour les Îles des San Blas de Panama, un parcours de 186 milles nautiques.

9 h 42, plus de vent. Nous avançons à 1,5 à 2 nœuds, nous nous traînons ! M. Perkins vient à notre secours pour faire avancer Odysséa à 5 nœuds, moteur plus voiles. Cela dure jusqu’à midi, où Éole nous fournit 6 à 7 nœuds de vent, nous avançons à 3,5 nœuds.

18 h 50, le vent monte à 10/11 nœuds, Odysséa avance à 7 nœuds toutes voiles dehors. Loin sur la côte, nous voyons des éclairs illuminés les nuages. L'orage monte petit à petit. A minuit il est sur nous, le vent passe de 10 nœuds à 35/40 nœuds d'un seul coup. J'affale toutes les voiles, Odysséa part à la cape durant le plus fort des rafales dans cette nuit noire. ½ heure après,  je mets un peu de grand voile et Odysséa avance à 4 nœuds, vent de travers sur la route des Îles du San Blas.

Le vent se maintient à 30/35 nœuds jusqu'à 1 heure du matin. Le vent chute graduellement. Je remets progressivement de la voile. A 4 h 00 la GV et le génois sont pleins, nous progressons à 6,5 nœuds, avec 10 nds de vent de travers.

Une grande houle du Nord est apparue de travers, ce qui rend le bateau inconfortable pour dormir, la fatigue étant là nous arrivons à faire quelques petits sommes à tour de rôle. Durant la matinée, le vent diminue, nous n'avançons plus qu'à 2/3 nœuds.

A 17 h 00, je remets le moteur. M. Perkins tourne à haut régime car nous sommes à 35 milles nautiques des Îles des San Blas et nous ne voulons pas passer la nuit à la cape au large avec cette grande houle.

Les Îles des San Blas sont truffées de hauts fond et très dangereuses la nuit.

Odysséa avance à 7 nœuds, je suis content d'avoir nettoyé la coque.

A 18 h 00, avec un soleil bas, nous pénétrons dans le chenal Caobos. Nos yeux rivés sur le traceur, nous avançons dans la passe, nous mouillons à Cayo Holendés par 8 m de fond, après avoir contourné les petites îles de l'entrée du le lagon.

La nuit va être bonne ! Repos bien mérité, après cette entrée un peu stressante dans le lagon. Merci aux cartes américaines donnés par le voilier français Sonate. Elles s'adaptent très bien à Open Cpn.

 

LES ILES DU SAN BLAS

 Du 4 juillet au 7 juillet 17,

Cayo Holendes

Bien dormi ! Grand soleil et pas de vent, nous sommes entourés d’îles de cocotiers, une eau limpide dont la transparence nous permet de voir notre ancre.

Dans ce lagon, avec un superbe soleil et une petite brise, nous prenons notre petit déjeuner dans le cockpit. Voilà une pirogue « ulu » (pirogue creusé dans un tronc d'arbre) qui nous accoste à tribord.

 

Cayo Chichimé- pirogue ulu (25)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre premier contact avec les Indiens Kunas pour nous proposer du poisson et surtout nous demander 10 $US pour le mouillage pour 1 mois, à Cayo Holendés  !

J'ai que 20 $US, le Chef Le Congreso n'a pas de monnaie à nous rendre. Alors pas de sous, à la maňiana ! Et les voilà repartis sur leur pirogue «  ulu « .

La tentation est trop forte, nous faisons un plongeon dans cette eau à 30 degrés.

L'annexe est mise à l'eau et nous voilà parti faire le tour du lagon dans cette eau cristalline à la couleur émeraude. Elle nous laisse voir le fond et nous apercevons une raie qui se tapie à notre arrivée, dans ce sable corallien .

 

San Blas - Cayo Holandes (1) r

  

San Blas - Cayo Holandes (5) r

San Blas - Cayo Holandes (17) r

San Blas - Cayo Holandes (27) r

 

 

 

 

 

 

 

 

 Par cette belle matinée, nous nous arrêtons à une petite île. A peine mis les pieds sur le sable que nous voyons un indien venir à notre rencontre et nous réclamer 3 dollars par personne pour mettre les pieds sur son île, en nos expliquant qu'elle est privée .Tant pis nous irons visiter les autres !

Nous repartons et allons visité l’île voisine, en slalomant entre les cays et les bancs de sable. Le spectacle est grandiose, c'est vraiment très beau, on se croirait aux Tobago Cays, avec en plus des cocotiers sur tous les îlots.

 

San Blas - Cayo Holandes (28) rSan Blas - Cayo Holandes (24)

Cayo Holandes barque ulu rSan Blas - Cayo Holandes (34) r

San Blas - Cayo Holandes (4)

 Parmi les noix de coco tombés, j'en ramasse 4 pour agrémenter nos apéros. On s'aperçoit que les îles ne sont pas désertes, elles sont habités par les fameux « nonos », (petits moustiques minuscules dont leurs piqûres ressemblent à des brûlures d'acide). Le départ vers Odysséa est précipité !

Le lendemain, un pêcheur Kunas s'amarre à Odysséa, nous propose des langoustes pour 5 $US le kg. Nous lui en prenons 2 langoustes de 500 g chacune, que nous nous empressons de cuire pour le repas du soir.

 langoustes de Cayo Holendes (2)

 Le jour suivant, je m'équipe pour la chasse sous marine afin d'améliorer notre cambuse, car sur ces îles il n'y a a pas de super marché, ni de wi-fi pour donner des nouvelles.

Je suis déçu par la faune de ces îles, pas beaucoup de variété de poissons, quelques perroquets, pas de varangue, pas de barracuda, pas de pagre.

Bref, je reviens avec 2 gros perroquets et surtout pas de langoustes. Je me demande où ces indiens vont-ils les attraper !

La fin de la journée se passe à confectionner le pavillon de complaisance du Honduras, la saison des cyclones étant là, il ne va pas falloir trop tarder.

 

fabrication au San Blas pavillon Honduras (5)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du 7 juillet au 10 juillet 17

Cayo Lammon

 

Odysséa Cayo Lammon (4)

 Le 7, nous quittons Cayo Holendés pour Cayo Lammon, un groupe d’îles coralliennes à 10 milles nautiques, que nous faisons au moteur, car nous avons le vent dans le nez.

 

ilots sur la route de nav (1)

San Blas - Cayo Lammon (15) RSan Blas - Cayo Lammon (15)

San Blas - Cayo Lammon (20)

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 2 heure de moteur, nous mouillons au milieu d’îlots habités par des indiens, certains sont pêcheurs, d'autres vivent du tourisme sur leur atoll aménagé pour accueillir les touristes.

Nous n'avons pas de petite coupure de dollars, ce qui nous a fait loupé l'achat d'une grosse araignée avec des grosses pinces à un pêcheur. Pas moyen de faire du troc, il n'a rien voulu en échange.

 

PIROGUE ULU Cayo Lammon R

 

San Blas - Cayo Lammon (17)

San Blas - Cayo Lammon (18)

San Blas - Cayo Lammon (24)

San Blas - Cayo Lammon (12)

 

Tous les soirs nous avons droit aux tonnerres accompagnés de leurs éclairs. Ils sont plus où moins méchants et plus où moins éloignés d'Odysséa. Cela est stressant, notre neveu a eu son voilier foudroyé avec d'énormes dégâts.

Les Indiens Kunas viennent souvent nous voir pour nous vendre poisson, lambis, langoustes, araignées, ananas, bananes. Les femmes Kunas viennent en pirogue ( ulu ) avec leur homme, pour nous vendre des « molas » (carré brodé de couleur chatoyante), qu'elles ont confectionnées tout en se balançant sur leur hamac.

 Cayo Chichimé (47)

 

 

 

 

 

 

 

Les Indiens kunas des îles des San Blas sont les descendants des Indiens Caraïbes, qui peuplaient à l'origine une grande partie de la côte et des îles de la mer qui porte leur nom. Le peuple Kunas est l'un des rares à avoir survécu à l'arrivée des européens.

Ces îles jouissent d'une certaine autonomie au sein de l'état de Panama, elles ont été découvertes en 1501 par le conquistador Rodrigo De Batista.

C'est un peuple vivant au plus près de la mère nature, avec le respect de l'autre, avec la notion de partage, calmes tranquilles et confiants en la sagesse de leurs Sahilas (chef coutumier de chacun des villages) pour les aider à conserver leur identité culturelle dans le grand bouleversement amorcé .

Nous avons appris que des familles Kunas restaient sur leur île que 6 mois, ensuite c'est une autre famille qui prenait le relais sur l'atoll. C'est un roulement mis en place par les chefs Kunas afin que tous profitent des apports du tourisme.

Nous passons 3 jours à ce mouillage, où nos occupations sont partagés entre la chasse sous marine et la visite des ilots.

 

Du 10 juillet au 13 juillet 17

Cayo Chichimé

Départ après le repas à 14 h 30, 3 milles nautiques pour se rendre à Cayo Chichimé. Le parcours se fait au moteur. Nous passons entre les cays et les îlots de sable toujours couvert de cocotiers.

Nous arrondissons le banc de sable qui borde l'entrée afin de bien prendre l’alignement de l'entrée du lagon de Chichimé. Au large de ce banc au nord-ouest nous distinguons 2 épaves échoués sur la barrière de corail. Les San Blas sont vraiment dangereux.

épave cargo Cayo Chichimé (39)

 

Nous mouillons entre les deux îles où malgré un nombres de voiliers important, nous nous faufilons et trouvons une place et posons l'ancre par 10 mètres sur du sable blanc. Une bonne marche arrière pour assurer que le mouillage tient bien et nous voilà parer pour la nuit.

 

Cayo Chichimé (10)Cayo Chichimé (9)Cayo Chichimé (14)

 

 

 Cayo Chichimé (28)

 

 

 

 

 

 

 

 

Cayo Chichimé est une île très touristique. Des bungalows en bambou sont plantés sur le sable sous les cocotiers.

Le cadre est idyllique sur cette île, sable blanc, eau cristalline où des pélicans volent autour de l’île.

A peine l'ancre posée, nous avons droit à nos visiteurs pêcheurs indiens Kunas, sur leur « ulu »

En souriant, ils nous proposent des énormes crabes qui ressemblent fortement aux crabes du Nord du Pacifique avec leurs gigantesques pinces.

Nous marchandons et prenons le plus petit crabe qui fait quand même 2 kg (nous sommes limité en taille car Nicole n'a qu'une cocote minute de 6 l). Le repas du lendemain midi est assuré, avec une bonne mayonnaise maison, cela devrait bien se faire !

 

Cayo Chichimé - pécheurs de crabes (1)

 

Cayo Chichimé - pécheurs de crabes (4)

 Tout les jours, nous avons droit à l'orage, plus où moins méchant, c'est fatiguant !

Hier matin dans notre lit, nous avons eu une frousse énorme après un gros coup de tonnerre. Le tonnerre est tombé juste à côté de notre bateau, il nous as fait levé en une vitesse éclair, afin de couper toute l’électricité et mette les ordinateurs dans le four de la gazinière qui nous sert de cage faradé.

Quand j'ai remis l'électricité, mon contrôleur de batterie marquait zéro et immédiatement il s'est mis en alarme.

Après quelques recherches, j'ai découvert que la mesure de charge du contrôleur des batteries étaient H.S.

Me voilà à démonter le contrôleur et en bidouillant, je réussis à lui faire indiquer le voltage de mes batteries. Encore un instrument à changer ! Il y avait longtemps !

Depuis que nous avons quitté Cayo Holendés, nous n'avons pas eu de ciel bleu, toujours une couverture nuageuse grise qui nous cache le soleil. Par intermittence, de la pluie tous les jours, l'avantage c'est que cela nous permet d'avoir une réserve d'eau, mais le moral n'est pas là !

3ième jour à Chichimé, nous n'avons toujours pas vu le soleil, et Éole est en rade. Le voltage de batterie commence à sérieusement diminuer.

Par contre Nicole s'en donne à cœur joie, toujours les mains dans l'eau de pluie à faire la lessive. Le linge est propre, mais il a quelques difficultés à sécher.

Un soleil voilé ce matin, cependant le vent est revenu ce matin, cela alimente les batteries,.

Nous visitons l’île en marchant sous les cocotiers dont le fruit parsème le sol.

 Cayo Chichimé (40)

Cayo Chichimé (46)

 

Cayo Chichimé (52)Cayo Chichimé (42)

 

 

 

 

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Cayo Chichimé (63)

 

Sur notre parcours, nous voyons les indiens s'hydratant grâce à l'eau contenue dans les jeunes noix qu'ils vont chercher aux sommets des cocotiers.

Les quelques huttes des indiens kunas sont bien à l'abri sous les cocotiers, elles sont très rudimentaires et certaines sont décorées de « molas » (carré de tissu brodé), qui sèchent à l'extérieur.

 Cayo Chichimé (20)

 Revenu à terre, nous préparons le bateau pour se rendre à Porto Lindo, afin de prendre une météo pour aller sur Saint Andrés sur la Colombie.