(Étape : BVI / ANEGADA(Britihs Virgin Island) - ACORES / ILE FLORES)

 

 Jeudi 17 mai 2018,

Le vent souffle très fort sur L’île Anegada. Il est 10 h 40, nous levons l'ancre et embouquons la passe d'Anegada.

Ça y est, nous sommes enfin partis pour une traversée directe de plus de 2550 milles vers les Açores, environ 20/25 jours !

A nous l'atlantique !

 Nous organisons les quarts de 4 heures de la manière suivante :

  • Moi Philippe de 21 h 00 à 1 h 00,

  • Nicole de 1 h à 5 h/5 h 30,

  • Philippe de 5 h/5 h 30 à 8 h 00.

L’amarinage pour nous deux est un peu dur car la mer est très agitée, Nicole est malade.

Journée ensoleillée, le vent Est Sud Est 18 nœuds, mer forte et agitée, un baromètre à 1017.

Nous partons avec la Grand Voile à deux ris plus trinquette. Le vent se renforce toute la journée pour attendre 20/24 nœuds.

A 22 h 00, une mer forte se lève avec des creux de 3 m et une houle secondaire croisée, et oui c'est encore les alizés bienfaiteur. Ces alizés et cette mer durera 3 jours.

 

Du 18 mai au 22 mai 18,

Le 18, c'est le deuxième jour que Nicole est malade.

A compter du 19, le vent faiblit, il diminue progressivement de 18 nœuds jusqu'à 3/4 nœuds. Navigation plaisante, nous avançons doucement.

 

Le 23 mai 18,

Baro 1022, vent Ouest Sud Ouest de 11 nœuds. Le soleil est toujours présent, nous passons notre temps à lire dans le cockpit.

 

Le 24 mai 18,

1 ère dépression.

Dans la nuit à 3 h 45, un grain nous surprend avec une pluie violente et une grosse mer se lève avec rafales à 37 nœuds. Nous sommes vent arrière, tout à coup une grosses vague change la trajectoire d'Odyssea et c'est l'empannage La bombe part, première avarie.

Le pontet d'une des poulies de la bôme a lâché et disparu dans la mer. Le génois était tangonné, le point d'amure du hall bas sous la pression a lâché.

Je m'équipe très vite de mon harnais et d'une lampe. J'enroule la grand voile et le génois. A sec de voile je mets Odysséa en fuite, le loch affiche 5 nœuds .

J'attends que le coup de vent passe. Une fois le coup de vent passé, je fais un brénage avec de la drisse autour de ma bôme afin de refixer la poulie de l'écoute.

Je prends la décision de faire du Sud pour la nuit pour éviter le gros temps. Malgré cela, le baromètre chute en vertical de 1022 à 1014. Nous ferons 60 milles en descendant vers le Sud

 

Le 25 mai 18,

Nous décidons de reprendre notre route vers les Açores. Le baromètre remonte progressivement à 1020. Du grand largue, nous passons au prés serré avec 15 nœuds de vent.

Nous vivons, mangeons, dormons, lisons, pensons toujours penchés à la gîte.

 

Le 26 mai 18,

Le vent est tombé et nous sommes dorénavant au moteur, ce qui nous permet de retrouver une bonne position debout. Après 8 jours de mer à gîter et rouler, cela fait du bien.

Après 13 h 00 de moteur, et fait 108 milles vers le Nord pour trouver le vent, le vent revient à 8 nœuds au prés bon plein. La couleur de la mer est d'un bleu profond, transparent !

A 14 h 22, vent faible, mer calme avec vent arrière nous envoyons le spi tri radial. Le loch affiche 4,5 nds

 

Le 27 mai 18,

Un vent de 8 nœuds se met en place, nous décidons de mettre le génois tangonné et la Grand Voile en ciseaux ; nous avançons à une vitesse de 4,5 nœuds, les vagues nous poussent.

Très belles journées de mer. Cette allure se poursuit jusqu'au 28 mai, nous avons même fait une demi- journée sous spi.

 

Le 29 mai 18,

A 1 h 00 ce matin, une autre dépression arrive. Le ciel se couvre de nuages et le vent Sud Sud Ouest grimpe à 30 nœuds, avec une mer forte et rafale à 33 nœuds. Nous marchons à 6,5/7 nœuds

Nuit agitée, nous manœuvrons beaucoup entre les grains,nous sommes vent de travers sous grand voile seule avec deux ris..

La nuit a été mouvementée, nous avons très peu dormi. Le vent est monté avec des rafales à 33/37 nœuds.

 

Le 30mai 18,

Un jour de répit , le vent descend jusqu'à 12 nœuds à 15 heures, mais la houle persiste.

Grosse houle mesurant environ 3,50 mètres à 4 mètres avec une houle secondaire croisée qui mouille le cockpit. A l'intérieur du bateau cela remue sec et le bateau pleure ! Cependant il file à 5/6,5 nœuds.

A 11 h 20 aujourd'hui, il nous reste à parcourir 876 milles pour arriver à l’île de Flores aux Açores. Le baromètre chute pour la deuxième fois !

Nicole prépare le dîner quand tout à coup une vague vicieuse frappe la coque et la soupe est renversée. Gros nettoyage à quatre pattes dans le carré, le cahier de bord en porte quelques traces !

 

Le 31mai 18,

2ième dépression.

Cela fait 3 jours que nous souffrons du froid. Nous sommes partis avec une température de 32 /34 degrés et sommes passés à 19 degrés ! On se gèle.

Cette dépression à 30 nœuds nous pourrit la vie à bord, nous dormons peu et réglons souvent les voiles.

Lors d'une manœuvre à l'avant du bateau, l'écoute du génois est venue me frapper le visage juste sous l’œil. D'un peu plus, je jouais au corsaire avec un bandeau sur l’œil !

 

coup oeil PH

 

 

 

 

 

 

 

Le 1 juin 18,

Jour de casse !

A 9 h 00 ce matin, baro 1007, une grosse vague à fait partir Odysséa en travers, en provoquant un empannage qui arrache la retenue de bôme.

Le 2ième pontet de bôme arraché et la poulie endommagée. Je bricole un deuxième brénage sur la bôme avec une drissepour fixer la poulie.

A 21 h 00, une mer toujours démontée avec des creux de 4 mètres. Nous avons été obligé de mettre Odysséa en fuite sous GV seule 4 ris, pour dire que l'on avez pas grand chose comme voile ! Je ne sais pas à combien soufflait le vent dans les forte rafales, nous avons fait une pointe à 11 nds.

Vers 21 h 30, nous nous apercevons avec l'A.I.S. (appareil qui nous permet de repérer les bateaux qui ont un émetteur A.I.S), un pétrolier au nom de « Eco Fleet ». Nos 2 routes étaient en abordage. Nous contactons le pétrolier par la VHF afin de lui signaler notre position (Eco Fleet ne nous avez pas identifié).

Sur l'AIS, je constate que le pétrolier se déroute de quelques degrés de barre afin de nous éviter. A mon tours je prends quelques degrés de barre afin d'éviter la collision. Nous routes se croissent et nous faisons un appel à la VHF pour remercier le pétrolier.

 

casse pendant transtat - 3 - (1)

 

 

Le 2 juin au 3 juin 18,

Le baro oscille entre 1009 à 1013. La dépression n'est pas encore finie. Temps toujours nuageux, le vent varie de 15 à 25 nœuds, nous avançons à 6 nœuds de moyenne dans une mer forte.

Le 3 juin, à 6 heures le vent est de 18 nœuds avec des rafales à 30 nœuds, le reste de la journée il se stabilise entre 20 à 25nds

 

Le 4 juin 18,

A 5 h 00, nous reprenons notre route directe vers Floresmalgré le coup de vent qui dure. Temps nuageux, température en baisse. Oh là là, on regrette les caraïbes !

De Grosses vagues nous poussent et quelques vagues secondaires claquent sur le pont et se déversent dans le cockpit. Quelques lames déferlent, nous sommes à la limite de force 7 avec 4 à 5 mètres de creux.

Record avec notre Odysséa de 149 milles en 24 heures sur mer très dure !

Sur cette immense mer, durant notre périple, nous avons aperçu qu'un seul voilier (un Anglais), avec qui je suis entrée en contact radio  !

Pêche toujours infructueuse.

 

Du 5 au 6 juin18,

Le baromètre remonte à 1022, le vent faiblit, passe du Nord Nord Est et Nord Est, ce qui nous oblige à tirer des bords, le compas passe de 81 degrés à 323 degrés.

Nous apercevons nos premiers dauphins. Spectacle toujours gracieux et magique.

Le 6 juin, la traversée se poursuit avec un vent faible de Nord Est et un baro qui remonte bien à 1027.

Vent variable, nous alternons moteur et voile.

 

Le 7 juin 18,

Toujours pas de vent. Au petit matin nous apercevons tous les deux les lueurs des îles. Un grand merci au GPS.

Enfin du soleil ! Nous découvrons les côtes volcaniques de l'ile de FLORES, première Ile de Açores.

M. Perkins reprend du service, nous contournons la pointe Sud-Est de l’île et entrons dans le port de Lajes Das Flores à 4 h du matin (heure du bord), heure que l'on avait pas changé depuis les BVI. Surprise ! Nous accusons 4 h de décalage. Nous voilà aux Açores !

Nous mouillons à 8 h 00 heure locale dans l'avant port. Nous sommes encadrés dans un paysage de l'un des plus beaux décors des Açores.

Arrivée au Port Lajes Das Flores, à la tradition mythique de cet endroit parmi les marins de tout le monde entier.

C'est un arrêt essentiel pour tous ceux qui traversent l'Atlantique. Flores est le premier port vers l'Europe. Chaque voilier trouve ici la première motte de terre européenne.

Cette nuit nous n'avons dormi que 2 h 30 et nous n'avons pas sommeil, l'excitation de l'arrivée a œuvré.

Après un bon déjeuner nous partons faire notre entrée à la capitainerie. Nous sommes accueillis agréablement. Le port de la marina n'est pas cher, 13,50 euros la journée avec électricité et eau (sans supplément). Nous resterons 1 semaine sur cette île.

N'étant pas fatigué, nous partons à l'aventure de cette île afin de découvrir ce petit village portugais et cette île.

 Voilà, la première partie de la transat est finie, nous avons parcourus 2555 milles en 20 jours et 19 heures avec Odysséa notre bateau de 11,65 m, .depuis les BVI jusqu'aux Açores :

 Il nous reste encore 8 jours de navigation pour rejoindre le continent Européen. Cette seconde traversée se fera dans 1 mois car nous comptons profiter de l'Archipel des Açores en visitant les 9 îles.

 

Transat 05 et 06 2018 (15)

Transat 05 et 06 2018 (26)

Transat 05 et 06 2018 (17)

Transat 05 et 06 2018 (21)

Transat 05 et 06 2018 (12)

 

 

Arrivée ile Flores (1)

Arrivée ile Flores (3)

Arrivée ile Flores (5)

Arrivée ile Flores (6)

Arrivée ile Flores (7)

 

Arrivée ile Flores (4)

avant port de Flores

emreinte notre passage à Lajes Das Flores (1)

emreinte notre passage à Lajes Das Flores (8)

emreinte notre passage à Lajes Das Flores (9)

 Voilà mon oeuvre de passage sur l'ile de Flores.

Tous les voiliers de passage laissent leurs marques sur les quais des ports des Açores. C'est un rite porte bonheur.